• © Lartilleux

    Henri Lartilleux, posté derrière la cabine vitrée du conducteur du TEE Ticino (Milan - Zurich), lors de la montée du Saint-Gothard.

  • © Lartilleux

    Le chalet familial à Abondance où Henri adolescent passait ses vacances.

  • © DR

  • © Lartilleux

    Henri Lartilleux retraité, en gare de Chamonix avec sa petite-fille Stéphanie.

  • © DR

Henri Lartilleux (1904-1989) L’œuvre connue et… moins connue d’un polytechnicien hors-série

28 novembre 2017
- -
Par : Georges Ribeill

« T’as consulté le Lartilleux ? » se dit communément entre ferroviphiles, comme on dirait chez les puristes de la langue française : « T’as consulté le Robert ? » Cette appellation recouvre le premier volume d’une série de six. Ses 10 éditions, de 1946 à 1966, attestent que ce fut un best-seller de la littérature ferroviaire ! Ce n’était pourtant que le premier fruit d’un ambitieux projet de Géographie universelle des transports, resté inabouti ! Il est donc temps de s’intéresser à son auteur chez qui l’on découvre une ferroviphilie durable et non sectaire, ouverte à tous les autres modes de transport, et une vocation de cartographe particulièrement précoce !

Du PLM à la SNCF, de Paris à Milan
Né le 2 mai 1904 à Reims, fils d’un négociant en laines, Henri Lartilleux perd malheureusement son père en 1914 et se retrouve seul avec une mère et une sœur plus jeune. Pour élever sa famille, sa mère va venir habiter Paris, au 46, rue du Bac, où elle tient au rez-de-chaussée une librairie. Le goût des livres lui est venu très certainement grâce à cet environnement familial. De ses vacan­ces d’enfant puis d’adolescent très souvent passées en Haute-Savoie dans la très vieille maison de famille héritée de son grand-père maternel Folliet, notaire à Abondance, Lartilleux conservera un goût très affirmé pour de très longues randonnées en montagne, jusqu’à la limite de l’alpinisme pur et dur.
C’est donc au collège Stanislas à Paris qu’il prépare le concours d’entrée à Polytechnique dans des conditions matérielles assez spartiates, mais soutenu par l’affection et l’encouragement de son entourage. C’est en 1924 qu’il est admis à Polytechnique : du major de cette promotion, Louis Armand, il deviendra l’ami et le disciple, tous deux optant pour « pantoufler » au PLM. C’est donc comme attaché du groupe 1 qu’il entre le 1er avril 1928 dans cette compagnie la plus courue, affecté à l’échelle 14 dans l’arrondissement Exploitation de Chambéry. C’est dans les gares de Montmélian, Modane, Culoz, La Cluse, Annemasse qu’il poursuit son parcours initiatique. À la gare de Montmélian, l’une des premières responsabilités fut d’enregistrer des cochons…, un souvenir marquant le jeune polytechnicien ! Sous-chef de gare à Bellegarde en avril 1929, puis en 1930 à Ambérieu, il est alors promu chef de gare de 3e classe le 20 juin ; en 1931, il supervise les 60 agents de la gare d’Auxonne où alors, c’est encore un cheval qui fait office de « locotracteur » pour manœuvrer les wagons de marchandises…

Une carrière achevée à l’international…
En 1932, le voilà inspecteur affecté à l’arrondissement de Valence ; en 1933, inspecteur à la circonscription du Puy ; en 1934, inspecteur de 1re classe, affecté à Paris au service Automobile, puis en 1935-1936, à Genève-Cornavin (gare PLM) ; en 1937-1938, inspecteur divisionnaire de 2e classe, à la circonscription d’Alès ; en 1939, inspecteur principal adjoint, à celle de Saint-Étienne. En 1940, il rejoint Paris : affecté d’abord à la direction du Mouvement (Paris-Sud-Est et Sud-Ouest), puis de 1941 à 1943, au service central du Mouvement, comme chef-adjoint de la division Voyageurs que dirige Sauvajol.
De 1944 à 1954, il est chef de la division Voyageurs de la Sceta, cette filiale créée en 1940 pour contrôler les services publics de transports automobiles de voyageurs hérités des compagnies. C’est là qu’il côtoie les nombreuses entreprises privées de transports et de tourisme qui coopèrent avec la SNCF. En octobre 1955, il est nommé représentant général de la SNCF en Italie, installé à Milan, via Meravigli, où il achèvera sa carrière en juillet 1968 avec le titre d’ingénieur en chef honoraire. En vertu de ses attaches et connaissances, il reste encore à Milan jusqu’en 1971, conseiller du commerce extérieur de la France, et membre du conseil d’administration de la Chambre française de commerce et d’industrie en Italie. Son décès survenu à la suite d’une longue et grave maladie le 12 juin 1989 à Évian où il s’est retiré depuis 1984, est annoncé dans une notice nécrologique parue dans Le Messager, journal de Haute-Savoie où il avait assumé une rubrique de 1964 à 1970.
Comme on va le découvrir, attirée par la cartographie de tous les réseaux de transports, une plume féconde et diversement inspirée caractérise Henri Lartilleux depuis même son enfance…



Sur le même sujet

Commenter l'article

NOS NEWSLETTERS

  • La lettre du cheminot

    Chaque semaine, recevez les infos les plus populaires dans le monde des cheminots actifs

  • La lettre du groupe

    La Vie du Rail vous informe de ses nouveautés, la sortie de ses magazines, livres, événements ...

  • La News Rail Passion

    Recevez toutes les actus du magazine, les dossiers spéciaux, les vidéos, le magazine dès sa parution

  • La Boutique

    Nouveautés, offres exclusives, faites partie du club privilégiers des clients de la boutique de la Vie du Rail

EN SAVOIR PLUS