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  • © C. Donat

    La gare de Rayak, autrefois très active, n’est plus peuplée désormais que de locomotives fantômes mangées par la rouille, la guerre civile est passée par là.

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    Cette vapeur, une fois restaurée, sera peut-être conservée un jour dans un musée des Trains à Rayak.

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    La ligne de la côte, qui allait jusqu’à Haïfa, pend aujourd’hui dans le vide.

Le chemin de fer libanais d’une guerre civile à l’autre

24 juillet 2018
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Par : Chloé Donat

Le réseau ferré libanais, qui comptait à son apogée 417 km de lignes, n’aura pas survécu à la terrible guerre civile qui a ravagé le pays de 1975 à 1990. Quelques Libanais essayent néanmoins de préserver la mémoire de ce réseau, mais sa meilleure chance de renouveau pourrait être la reconstruction future de la Syrie voisine une fois achevée la guerre civile qui l’a dévastée, qui impliquera le transit par le Liban d’importantes quantités de marchandises et de matériaux. Ce qui conduit l’État libanais à envisager de redonner vie au rail…

La gare de Mar Mikhael à Beyrouth n’accueille plus de trains. Longtemps abandonné, le lieu a finalement été transformé en bar-boîte de nuit d’été en 2014, avec DJ booth dans la locomotive. « Ma famille m‘a souvent parlé de l’époque où le train arrivait ici donc j’ai voulu louer le terrain et lui redonner une nouvelle forme de vie », explique Alain Hasbani, copropriétaire de Train Station. Il a laissé la gare telle quelle et simplement ajouté un bar, des tables et des chaises. L’ambiance y est festive même si tout le monde ne réalise pas la dimension historique des lieux. Lara Khoury, une jeune libanaise, est venue prendre un verre avec un groupe de copines. Entre deux cocktails, elles discutent de la décoration. « C’est sympa d’avoir mis des vieux trains, ça donne une ambiance un peu usine, ça fait industriel, mais je ne sais pas s’il y avait vraiment des trains ou une gare ici », dit-elle. « Il y a eu des trains au Liban ? Pour aller où ? », renchérit sa voisine. Du chemin de fer, les Libanais ne savent pas grand-chose. Certains pensent effectivement que cette gare en plein milieu de la ville est un faux décor. Pourtant, en parcourant le pays à la recherche des derniers coupons de rails, on raccroche un à un tous les wagons de l’histoire du Liban.

La première ligne de train du Proche-Orient

Retour au XIXe siècle. À l’époque, la majeure partie du Moyen-Orient vit sous l’autorité de l’Empire ottoman. Mais celui-ci, contesté en interne et menacé par ses voisins européens, s’affaiblit dangereusement. Pour sortir la tête de l’eau, les dignitaires ottomans lancent un grand programme de modernisation, les « Tanzimat », qui comprend des réformes juridiques et administratives, mais aussi grands projets d’infrastructure. Routes, services de Postes, télégraphes, tramways… industriels et hommes d’affaires européens en profitent pour rafler des contrats. C’est ainsi que le comte Edmond de Perthuis, un Français, obtient une concession pour la construction d’une première voie ferrée reliant la ville de Damas au port de Beyrouth. Le premier train du Proche-Orient s’élance en 1895. En 9 heures de trajet, il parcourt 147 km et dessert 16 gares. Un exploit d’autant plus remarquable que la géographie du Liban présente des obstacles de taille. Pour aller de Beyrouth à Damas, il faut franchir deux montagnes : le Mont-Liban et l’Anti-Liban, qui culminent à 1 400 m d’altitude. Le tracé du chemin de fer comprend des rampes, de nombreuses courbes et contre-courbes. Les ingénieurs conçoivent donc, sur mesure, des voies de 1,05 m de large sur lesquelles ils font rouler de grosses locomotives montées sur de fines roues. Les rails et le matériel de voies sont de construction belge, tandis que les locomotives à vapeur sont fabriquées en Suisse. Seules les gares sont françaises. Le trajet comprend aussi 32 km de section à crémaillère, où sont testés les premiers systèmes Abt au monde.
En 1898, un journaliste français voyage à bord du train. Il écrit : « Une bonne partie du chemin est construite à crémaillère, et la pente atteint parfois jusqu’à sept centimètres par mètre. La montée la plus forte se trouve entre Araya et Aley. Si j’ajoute que certaines courbes ont été tracées au rayon de 100 mètres, on verra qu’aucun chemin de fer d’Europe n’est établi suivant les proportions de celui-ci. Aucun non plus ne traverse un paysage aussi splendide. » Des photos et des témoignages de l’époque décrivent un trajet aux allures bucoliques, entre les vergers d’orangers et les champs d‘oliviers. Les marchands ambulants attendaient les passagers à chaque gare pour leur vendre des produits frais.



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