Relier Innertkirchen (canton de Berne) à Oberwald (canton du Valais) par un tunnel de 22,26 km, servant au transport d’électricité et à une voie ferrée, tel est le projet présenté le 4 février dernier. Sur le plan électricité, l’infrastructure permettrait de remplacer la ligne HT (220 kV éventuellement portée par la suite à 380 kV), vieillissante et exposée aux rigueurs de la très haute montagne. Sur le plan ferroviaire, la liaison, prévue pour être opérationnelle en 2025, permettrait de connecter les régions parmi les plus visitées de Suisse et de former un réseau à voie métrique de 850 km. L’agenda du projet prévoit la réalisation d’études (6 millions de francs suisses), financées par les cantons concernés et la société Swissgrid, et la demande d’une concession en 2018, les travaux débutant en 2020. D’un coût estimé à 580 millions de francs suisses, le futur ouvrage serait financé par Swissgrid (le gestionnaire du réseau THT suisse) et le Grimselbahn AG.
Il est prévu de solliciter le Fonds de financement et aménagement de l’infrastructure ferroviaire (Faif) pour la partie ferroviaire du tunnel, ce qui nécessitera l’aval de l’Assemblée fédérale. La décision doit intervenir en 2019. Un tunnel destiné au seul transport de l’électricité reviendrait à 490 millions de francs suisses contre 430 millions de francs suisses pour le seul train. À adhérence (rampe maxi. de 60 ‰) et à voie unique, le Grimselbahn (28,5 km) comportera dans sa partie souterraine un arrêt avec croisement à Guttannen et une halte à Handegg. Le Grimselbahn reprendrait la ligne du MIB (Meiringen – Innertkirchen Bahn). Il connecterait le Zentralbahn (Lucerne – Interlaken), le BOB (Interlaken – Grindelwald/Lauterbrunnen), voire le MOB (Montreux – Oberland Bernois, grâce au futur matériel à écartement variable) au MGB (Zermatt – Brigue – Andermatt – Göschenen/Disentis). Rappelons que le MGB est luimême relié au RhB, qui dessert le canton des Grisons. Le potentiel commercial est estimé à 400 000 voyageurs annuels. Parmi les questions en suspens figure notamment celle de la compatibilité des systèmes d’alimentation et de crémaillère.