Dans cette seconde partie de notre dossier réservé aux infrastructures ayant relié Paris à Bordeaux, nous revenons en détail sur l’histoire de la ligne de l’État et de la LGV Sud-Europe-Atlantique.
De paris à bordeaux par la ligne de l’état
Un parcours en dents de scie à profil sévère
À l’exception du parcours Paris-Montparnasse – Chartres (88 km) ouvert dès 1849 et dépendant de la Compagnie de l’Ouest absorbée par l’État en 1909 (1), le reste du trajet est constitué à l’origine de plusieurs sections de ligne concédées à diverses compagnies, parfois à titre d’intérêt général, voire également d’intérêt local, raboutées entre elles, dont les difficultés financières conduisent le réseau de l’État à les racheter. Leur mise en service est longue et laborieuse depuis 1867 et s’achève en 1911.
Elle se développe dans les départements d’Eure-et-Loir, Loir-et-Cher, Sarthe, Indre-et-Loire, Maine-et-Loire, Deux-Sèvres, Charente-Maritime (ex-Inférieure) et Gironde.
Depuis Chartres, traversant le vaste grenier céréalier beauceron à la limite du Perche, en recoupant le Loir naissant à Illiers-Combray, la ligne de l’État gagne Courtalain (Km 141). Orientée vers le sud-ouest elle va suivre ensuite le cours de la Braye, affluent du Loir jusqu’à Châteaudu- Loir (Km 217) où elle sectionne la transversale Nord – Sud Caen – Le Mans – Tours. Se développant dans le Maine angevin, elle aboutit par le nord à Saumur (Km 286) dans le large couloir où coule la Loire franchie côté est, suivie par l’axe transversal Lyon – Tours – Nantes.
Courant dès lors dans la vallée du Thouet, elle dessert Montreuil-Bellay, puis les gares d’embranchement de Thouars (Km 325) et Parthenay (Km 370) à travers l’espace agricole des Deux-Sèvres et de la gâtine poitevine. Franchissant la Sèvre niortaise, elle atteint Niort (Km 415), ville la plus importante de l’itinéraire où elle recoupe l’artère Poitiers – La Rochelle, puis se dirige plein sud par Saint-Jean-d’Angély, et parvient peu après à Saintes (Km 492). Reprenant le chemin du sud en commun avec le courant transversal Nantes – Bordeaux à travers la Saintonge romane, traversant les localités de Pons et Jonzac, elle fend le vaste espace forestier de Bussac et dessert la gare de bifurcation de Saint-Mariens-Saint-Yzan.
Au-delà, elle traverse les vignes du Blayais et des Côtes-de-Bourg, passe à Saint-André-de-Cubzac, enjambe la Dordogne en amont de son confluent avec la Garonne et rejoint à la bifurcation de Cenon la ligne PO issue de Paris via Tours avec son terminus à Bordeaux-Saint-Jean (Km 612). La construction du grand viaduc de Cubzac retarde à 1886 l’ouverture du maillon terminal Saint-Mariens – Cenon. Depuis 1874, le trafic vers Bordeaux utilise la ligne secondaire Cavignac – Coutras avec rebroussement à cette gare.







