Depuis sa relance en décembre 2023, le train de nuit Paris-Austerlitz – Aurillac connaît des suppressions répétées, essentiellement dues à l’indisponibilité du matériel moteur. Ces annulations sont principalement liées aux pannes des locomotives thermiques nécessaires pour parcourir la section non électrifiée d’environ 100 km entre Brive-la-Gaillarde et la préfecture cantalienne.
Une dégradation spectaculaire
La fin de l’année 2025 et le début de l’année 2026 marquent une nette aggravation de la situation. Il ne s’agit plus de suppressions sporadiques, mais d’une succession quasi continue de trains annulés. C’est une situation inédite depuis la relance de la liaison entre la capitale et le chef-lieu du Cantal initiée par Jean Castex alors Premier ministre (2020- 2022) et désormais présidentdirecteur général de la SNCF.
Dans plus de 90 % des cas, la cause invoquée reste identique : l’indisponibilité des locomotives thermiques stationnées au dépôt de Brive. Sur la base du recensement effectué sur 246 circulations théoriques (deux sens confondus) entre le 24 novembre 2025 et le 31 mars 2026, le constat est sans appel : seuls 99 trains ont circulé normalement, soit un taux de 40 % de réalisation du plan de transport.
Une telle situation semble sans équivalent sur le réseau ferroviaire français. Même la relation Paris – Briançon, pourtant régulièrement critiquée et plus complexe à exploiter (parcours thermique deux fois plus long, traction en unité multiple), n’atteint pas un tel niveau de défaillance.
Un parc de locomotives très limité
SNCF Intercités exploite ces relations avec un parc restreint de locomotives diesels de type BB 75300, au nombre de huit unités, louées auprès d’Akiem.
Les BB 75300 sont issues de la transformation des BB 75000, initialement conçues pour le fret ferroviaire, afin de les adapter au transport de voyageurs. D’une aptitude à la vitesse de 120 km/h, elles ont notamment été équipées d’une liaison







