Il est aujourd’hui aisé de franchir les frontières de l’Union européenne pour observer le paysage ferroviaire.
Certes, on peut se contenter des pays limitrophes du nôtre mais franchir l’ancien « rideau de fer » est très enrichissant. Les années de communisme d’après la Seconde Guerre mondiale ont laissé des traces dans certains pays.
Comme d’autres anciens pays du bloc de l’Est, la Roumanie utilise maintenant des fonds européens pour rénover ses infrastructures ferroviaires et acheter du matériel moderne.
L’histoire politique du pays
Même si l’histoire des chemins de fer roumains est ancienne (la première ligne est ouverte en 1854 entre Oravița et Baziaș, alors en territoire austro-hongrois) nous nous contenterons d’évoquer seulement la situation du pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, car c’est celle qui permet de comprendre le paysage ferroviaire actuel. Ce sont donc 45 années de régime communiste, sous l’autorité des deux dirigeants roumains Gheorghe Gheorghiu-Dej et Nicolae Ceaușescu qui ont installé dans le pays le « national-communisme ».
En décembre 1989, alors que le bloc de l’Est se délite et que des manifestations contre le régime secouent le pays, les communistes réformateurs renversent Ceaușescu qui refuse toute réforme : c’est la Révolution roumaine qui entraîne la chute du régime communiste.
Le président Nicolae Ceaușescu et son épouse sont, le jour de Noël 1989, condamnés à mort et exécutés selon une procédure expéditive jusque-là appliquée par le régime à ses opposants. Dans les semaines qui suivent, la nomenklatura renonce au communisme et permet le rétablissement de la démocratie et de l’économie de marché.
Néanmoins, faute d’un programme précis de restructurations et d’investissements, cette transition s’opère de manière improvisée et profite aux services, aux banques, à l’économie informelle, au tout routier et au transport aérien, tandis que l’agriculture, l’industrie, la flotte, le trafic ferroviaire, les transports urbains et tous les services publics en général déclinent et, pour certains, périclitent. En mars 2004, la Roumanie rejoint l’Otan puis, le 1er janvier 2007, malgré ses difficultés, elle connaît un taux de croissance qui lui permet d’intégrer l’Union européenne.
Les chemins de fer
La Societatea Națională a Căilor Ferate Române (SNCFR) est, depuis 1883, l’entreprise publique responsable de l’exploitation du réseau ferré roumain. Après l’avènement du régime communiste en mars 1945 et de la République en 1948, des investissements très importants sont réalisés dans l’infrastructure ferroviaire, souvent au détriment d’autres infrastructures, en particulier des routes. Pendant cette période, les chemins de fer sont considérés comme un symbole de l’industrialisation rapide de la Roumanie sous la direction du dirigeant communiste Gheorghe Gheorghiu-Dej. Outre l’augmentation du trafic ferroviaire et la construction







