La création d’un RER transfrontalier à Bâle revêt un caractère complexe et stratégique qui nécessite une plateforme de coordination dédiée (trireno) et qui implique la prise en compte d’autres projets, y compris sur le long terme, bâlois ou non.
La réalisation d’un RER international constitue un projet très ambitieux qui répond, à Bâle, aux besoins concrets d’une agglomération de 850 000 habitants et de territoires limitrophes.
Passer d’infrastructures ferroviaires du XIXe siècle (ouvertures des premières liaisons en provenance de France, Suisse et Allemagne en 1844, 1854 et 1855) à un réseau moderne capable d’écouler une grande variété de trafics, y compris à l’international, nécessite un réel engagement financier. À cet effet, la Confédération a consenti à investir 1 milliard de francs suisses (soit environ 1,08 milliard d’euros) dans la Suisse du Nord-Ouest (voir Rail Passion n° 270). Plus spécifiquement, la mise en place d’une offre voyageurs régionale trinationale requiert aussi, en plus des financements (infrastructure et exploitation), une ambition partagée et une planification efficace que porte la plateforme trireno. L’expérience de la ligne Verte (1997-2008) a fait apparaître les limites d’un modèle et le besoin de bases de travail différentes. C’est dans le cadre de l’association de droit suisse Agglo Basel qu’a été institué trireno en 2018. Cette entité intervient depuis en tant que plateforme de coordination pour six autorités organisatrices régionales (1) que sont les cantons de Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Soleure, Argovie, le Land du Bade-Wurtemberg et la région Grand Est.
Le développement de l’offre doit se faire par étapes, la phase finale pouvant potentiellement s’aligner sur le calendrier à long terme du projet d’infrastructure de liaison souterraine (initialement désignée « Herzstück » et devant comporter des arrêts en ville) entre Bâle CFF et Bâle gare badoise. D’ici 2035, une cadence au quart d’heure est prévue sur quatre des sept lignes principales, parallèlemen







