fbpx

Nouveau !

Historail, le magazine pour les passionnés de l'histoire ferroviaire édité par La Vie du Rail, lance sa newsletter !
Recevez chaque lundi, le meilleur de l'histoire ferroviaire.

  • © DR/Photorail

    Dans les Vosges occupées pendant la Première Guerre mondiale, les Allemands utilisent à leur profit la petite ligne d’intérêt local d’Étival à Sénones pour ravitailler en vivres leurs troupes. KRIEGSBILDER AUS DEN VOGESEN - TRANSPORT VON NAHRUNGSMITTELN ARCHIVES - PHOTORAIL - LA VIE DU RAIL

  • © Coll. G. Ribeill

    La version allemande de l’accueil d’un train de prisonniers français au début de la guerre. Message implicite à toutes ces cartes : respect sans brutalités, voire cordialité…

  • © Coll. G. Ribeill

    Autre rôle logistique des chemins de fer, l’évacuation des blessés en trains sanitaires. Transports de blessés à Châlons-sur-Marne.

Chemins de fer et ravitaillement. Débats et controverses militaires avant 1914

18 octobre 2018
- -
Par : Georges Ribeill

Par leur capacité et leur rapidité accrues pour déplacer des troupes, les approvisionner en armes, munitions et provisions, tous les stratèges militaires ont admis à l’unisson avant 1914 que le développement des chemins de fer les forçait à réviser leurs doctrines du combat. Mais leurs scénarios et anticipations stratégiques ont abouti à des prévisions totalement opposées, s’agissant notamment de la durée de la guerre.
Revue de quelques-unes de ces anticipations…

Les raisonnements élaborés par des spécialistes de la stratégie les ont conduits à des anticipations souvent fouillées, solidement étayées. Les chemins de fer allaient-ils amplifier et accélérer le choc frontal des armées, en abrégeant l’épreuve ? Ou au contraire, allaient-ils conforter une guerre de position, voire de tranchées ?… Le mot logistique n’existe pas encore, mais c’est bien du ravitaillement du front qu’a dépendu finalement l’issue de la Grande Guerre, jusqu’à l’épuisement des ressources de l’un des protagonistes dans un contexte de blocus maritime. Si les illustrations sont relatives aux guerres de 1870-1871 et de 1914-1918, le parti a été pris ici toutefois de ne citer que des écrits d’avant-guerre… La comparaison entre prévisions et réalités, les leçons tirées en vue de « la prochaine guerre », pourront être traitées ultérieurement.

Jean de Bloch, un prophète éclairé de la « guerre future »

On doit à un « roi du chemin de fer », financier et industriel polonais, Jean de Bloch, une somme inégalée sur « la guerre future aux points de vue technique, économique, politique », titre de la traduction de son œuvre majeure parue en France chez Guillaumin en 1899-1900 : pas moins de 3 084 pages formant six tomes ! D’origine juive, né en 1836 à Radom, décédé en 1902 à Varsovie, ce fut un pionnier des chemins de fer polonais : il construira la ligne de Varsovie à Brest-Litovsk. Tous ses nombreux écrits militent pour le pacifisme. Peu avant sa mort, il crée à Lucerne le Musée international de la guerre et de la paix, inauguré en 1902, juste après sa mort : des salles remplies de canons, fusils, graphiques et dessins, présentant au public les progrès de la guerre et ses dangers puisque, selon lui, la guerre est en soi le meilleur argument contre la guerre, avec tous ses carnages et destructions.
En France, il a de rares supporters : dans une brochure parue en 1901, La Guerre et la paix par des chiffres, le juriste Lucien Le Foyer souligne l’intérêt de sa Guerre future, étude comptable des pertes et profits qu’ont engendrés les guerres survenues dans le monde ces 30 dernières années ; il rapporte une anecdote au sujet de Bloch, président du conseil d’administration de la ligne Kiev – Brest – Litovsk, chargé de conduire le train impérial transportant les troupes russes sur le théâtre de la guerre :
« Au matin, on fit arrêter ce train pour permettre à Sa Majesté de se raser. Nous étions en pleine campagne. Les voyageurs descendirent pour se dégourdir un peu. Je causais, en me promenant le long des rails, avec un des généraux de la suite de l’empereur.
– Que ferez-vous, me demanda-t-on, après nous avoir conduits à destination ?
– Je me rendrai à Carlsbad, répondis-je.
– Y pensez-vous ? Mais nous retournerons à Pétersbourg d’ici à deux ou trois semaines.
– Comment, m’écriai-je, vous avez prévu le moment de votre retour ? Certainement, notre expédition se réduira aux proportions d’une simple promenade militaire. »
Jean de Bloch persista dans sa manière de voir et les événements lui donnèrent raison, la guerre, qui, d’après les prévisions des généraux, devait durer de 15 à 20 jours, se prolongea pendant près d’un an (avril 1877-mars 1878).



Sur le même sujet

Commenter l'article

NOS NEWSLETTERS

  • La lettre du groupe

    La Vie du Rail vous informe de ses nouveautés, la sortie de ses magazines, livres, événements ...

  • La News Boutique

    Nouveautés, offres exclusives, faites partie du club privilégié des clients de la boutique de la Vie du Rail

  • La News Photorail

    Recevez une fois par mois nos actualités (nouvelles photographies ou affiches touristiques rajoutées sur le site) et nos offres ponctuelles (promotions…)

  • La News Rail Passion

    Recevez chaque mercredi toutes les actus du magazine, les dossiers spéciaux, les vidéos, le magazine dès sa parution

  • La lettre du cheminot

    Recevez chaque jeudi les infos les plus populaires dans le monde des cheminots actifs

  • La News Historail

    Recevez chaque lundi les derniers dossiers en ligne et le magazine dès sa parution

EN SAVOIR PLUS