Depuis les années 60, les « trains de neige » connaissent un essor continu. Ils ont été créés pour favoriser les déplacements, dans des conditions de pointes, des amateurs de sports d’hiver venus de toute la France et parfois des pays frontaliers vers les stations des Alpes, des Pyrénées, des Vosges, du Jura. Si la grande vitesse s’impose pour le transport de ces voyageurs saisonniers, les services TER rhônalpin et Sud Azur, notablement renforcés ces dernières années, complètent le dispositif dans la région la plus fréquentée.
Au XIXe siècle, alors que le chemin de fer n’en est qu’à ses débuts, les déplacements en haute montagne ont lieu avec des moyens rudimentaires mis en oeuvre par les populations locales, notamment les bergers et agriculteurs. Les autochtones emploient des attelages composites formés de planches à neige et de luges remorqués par des chevaux, boeufs, ânes. L’usage du ski largement développé dans les pays scandinaves prend son envol en France lors de l’Exposition internationale de 1878. Le Ski Club Alpin démarre à Grenoble en 1885 et en 1903 est créée à Briançon une école d’instruction qui forme 5 000 militaires aguerris aux déploiements en terrains enneigés de haute altitude, utiles en cas d’invasion italienne. Les premiers Jeux olympiques d’hiver ont lieu à Chamonix en 1924 avec trois disciplines : le fond, le saut sur tremplin et le combiné nordique. Les visiteurs emploient donc en primeur la voie métrique construite par le PLM et issue de Saint-Gervais. Le développement du ski s’amplifie alors, il va toucher une clientèle notamment de vacanciers fortunés de plus en plus large. Le massif alpin devient rapidement une pépinière de stations. Un premier téléphérique, celui de Rochebrune, est créé en 1933 à Megève, mais les sites se diversifient dans toutes les vallées du massif alpin couvrant les territoires montagneux du Léman au Briançonnais, comme Morzine, Chamrousse, Combloux, Pralognanla- Vanoise, Méribel, Val-d’Isère, Valloire, Alpe d’Huez, Les Deux Alpes, Montgenèvre, Serre Chevalier, etc. Ailleurs en France, le ski se développe également timidement dans deux stations des Pyrénées-Orientales et centrales, comme Superbagnères, à Luchon, et Font-Romeu.
Entre les deux guerres, les réseaux ferrés français participent déjà largement au transport des skieurs notamment avec une gamme de trains de nuit qui acheminent les sportifs, en sus des voyageurs ordinaires qui fréquentent également les stations thermales et n’ont pas encore le surnom de « trains de neige ». On peut citer notamment des trains dédiés :
• vers les sites des Alpes de Savoie et du Dauphiné de Paris vers Évian-les-Bains, Saint-Gervais, Bourg-Saint-Maurice, Grenoble, Briançon ;
• de Paris vers l’Auvergne (Le Mont-Dore, Le Lioran) ;
• de Paris vers Font-Romeu via Perpignan et la voie métrique du Conflent, ou via Latour-de-Carol ; • de Paris vers Bagnères-de-Luchon (Superbagnères).







