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  • © Loïc Ramirez

    Le train Donetsk - Elenovka avec en tête une CHME 3, en gare centrale de Donetsk (26 novembre 2019).

  • © Loïc Ramirez

    La façade de la gare de Donetsk (25 novembre 2019).

  • © Loïc Ramirez

    La salle des pas perdus et les guichets de vente (à droite) de la gare centrale de Donetsk (25 novembre 2019).

Ukraine : à bord du train de Donetsk

16 juin 2020
- -
Par : Loïc Ramirez

Donetsk est au cœur du conflit encore non résolu qui a secoué l’Ukraine il y a plus de cinq ans. La gare, touchée par les combats, en porte encore les marques. L’imposant bâtiment historique ne voit plus partir qu’un seul train par jour depuis la relance de l’activité courant 2019. Nous montons à bord pour rejoindre Olenovka, son terminus proche de la ligne de front. Durant ce trajet qui dure à peine plus d’une heure, nous avons pu recueillir des témoignages riches d’enseignements d’agents des chemins de fer et de voyageurs…

Dans l’immense salle des pas perdus de la gare centrale de Donetsk, l’écran d’information n’affiche qu’un seul départ : le train de 7 h 50, direction Olenovka. Trois personnes viennent de prendre des billets au guichet, le seul ouvert. Le majestueux bâtiment au style architectural soviétique semble abandonné mais affiche une propreté glaciale qui contraste avec le chahut de l’extérieur où défilent les autobus, sur la place. « Avant la guerre, il y avait 53 trains chaque jour ici, explique en soupirant l’une des employées, le dernier train à partir a été celui qui reliait Donetsk à Sébastopol, en septembre 2014. Il a été touché par l’artillerie et à partir de là le trafic s’est arrêté ». Avec une certaine tristesse, la vieille femme se remémore les tragiques événements qui ont secoué l’Ukraine il y a plus de cinq ans.
Contesté par une grande partie de la population et acculé par une série de révoltes de grande ampleur dans la capitale, le président Viktor Ianoukovitch, proche de Moscou, est renversé durant le mois de février 2014 et remplacé par un nouveau gouvernement aligné sur la politique de l’Union européenne. Fer de lance de la mobilisation, les nationalistes ukrainiens rentrent au nouveau gouvernement et provoquent la réaction hostile des populations russophones (majoritairement installées à l’est du pays), défavorables aux nouveaux dirigeants. La situation s’envenime rapidement au cours du printemps. Les régions de Donetsk et de Lougansk proclament leur indépendance respective face au gouvernement intérimaire qui répond par l’envoi de l’armée. La partie orientale du pays bascule alors dans une guerre dans laquelle se cristallisent les enjeux disputés par les puissances internationales (principalement l’UE et la Russie). Non résolu à cette date, le conflit donna naissance à deux États non reconnus par la communauté internationale : les républiques populaires de Donetsk et de Lougansk.
« La gare avait également été touchée par les combats, vous pouvez encore observer des impacts d’obus sur les colonnes extérieures », nous explique un usager, son billet à la main. Face à nous, plusieurs quais se distinguent les uns derrière les autres. Tous vides. Les passerelles aériennes en verre et les couloirs souterrains pour y accéder semblent interminables. La majorité des accès ont été fermés faute de monde. Une atmosphère de gare fantôme imprègne le lieu. Depuis le 19 août 2019, la compagnie de chemin de fer de Donetsk (anciennement ukrainienne) a relancé l’activité ferroviaire, modestement. Un seul trajet aller-retour est possible entre la ville devenue capitale et Olenovka, située à quelques kilomètres au sud, avant la ligne de front.
À côté du bâtiment historique de la gare, construit dans les années 50, s’étale une immense façade de verre dans laquelle se reflète le ciel bleu d’hiver. Un imposant bâtiment de construction moderne qui se détache du reste du paysage urbain. Au-dessus des portes d’entrée, comme un vestige de ce qui se trouvait là auparavant, on peut lire « Rail Center, centre commercial ». « C’était la nouvelle gare, nous explique un habitant, une extension afin d’accueillir les visiteurs pour la Coupe d’Europe de football en 2012, dont certains matchs se sont déroulés à Donetsk. Aujourd’hui elle est abandonnée ».
7 h 40. Une poignée de personnes montent dans le train qui stationne déjà sur la voie. Celui-ci se compose d’une locomotive et d’une seule voiture ! « 22 m de long pour 53 t, c’est un modèle de fabrication soviétique qui date de 1981 », nous informe Vladimir, le contrôleur. Vêtu d’une veste bleu marine et d’une simple chemise blanche malgré le froid glacial de ce mois de novembre, le jeune homme s’efforce de donner une image d’élégance.



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