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  • Alors que tous nos modernes guerriers se cachent sous terre et s’habillent couleur muraille, la Péchot promène fièrement son double panache à la barbe de l’ennemi.

  • Les rencontres de trains sur la voie de 0,60 n’entraînent pas de catastrophes, seulement parfois quelques discussions.

  • Le triomphe final !

La Voie de 0,60 vue par un poilu du front de la Première Guerre mondiale

22 janvier 2019
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Par : Marie-Suzanne Vergeade

Cet album d’aquarelles reproduit in extenso dans Historail est conservé à la bibliothèque du fonds cheminot du Comité central du groupe public ferroviaire. Il comprend neuf planches aquarellées qui mettent en scène une locomotive très spécifique « la Péchot ». Il s’agit d’une locomotive plus légère qui circule sur des voies de 0,60 m, un écartement beaucoup plus réduit que celui de la voie ferrée normale (1,44 m).
Ce type de locomotive a été conçu par le colonel Prosper Péchot qui lui laissa son nom. La société Decauville, établie à Corbeil-Essonnes et spécialisée dans la construction de matériel ferroviaire, avait conçu des rails et des traverses métalliques pouvant se démonter et se transporter facilement. Les voies étroites d’une largeur de 60 cm permettaient de faire circuler plus aisément de lourdes charges. Ainsi le système Decauville d’abord utilisé dans le cadre de la production sucrière fut perfectionné par le colonel Prosper Péchot et l’ingénieur Charles Bourdon pour s’adapter aux besoins militaires. Les essais près de Toul en 1888, furent déterminants. Fonctionnant telle une plate-forme d’artillerie, la locomotive Péchot permettait notamment de tracter de lourdes charges : des fusils, des munitions mais aussi des canons de 120 ou de 155, des wagons couverts, des wagons-citernes. Très maniable, elle suivait facilement les courbes et pouvait traîner rapidement des wagons modulables sur des terrains accidentés situés près du front. Elle devint pendant la Première Guerre mondiale un outil stratégique essentiel.
On suit les péripéties de « la Péchot » dans ce joli album dont elle est le personnage principal. Chacune des neuf planches montre les qualités de la petite locomotive : elle sait se camoufler, se glisser, « boire l’obstacle » et de la sorte, contribue à la victoire.
Le titre mentionné sur la couverture, La Voie de 0.60 aux Armées : la Grande Guerre 1914, 15, 16,17…, et le nom de l’éditeur, « Phototypie Desaix » à Paris, ne nous renseignent guère sur l’identité du dessinateur. Qui est ce « poilu du front » ?
C’est un soldat parti combattre l’ennemi et défendre son pays, affecté au service des chemins de fer stratégiques de campagne à voie étroite. « la Péchot » assurait le transport du matériel et des munitions des lignes transversales, les rocades.
La signature est difficilement lisible en bas à droite de chaque aquarelle. Il s’agit en réalité d’un soldat particulièrement expérimenté dans le do­­maine ferroviaire, Édouard Renaud, un ingénieur centralien (promotion 1897), né le 12 mars 1873 à Fécamp. Une exposition organisée au musée de sa ville natale nous livre quelques éléments biographiques.



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