CCR, Argos, Mistral, ERTMS : derrière ces sigles se joue une mutation majeure du réseau ferré français. SNCF Réseau digitalise en profondeur sa signalisation, de la commande centralisée des circulations jusqu’à l’ERTMS, pour gagner en capacité et en fiabilité à infrastructure constante. Un chantier de longue haleine, qui devra composer avec des postes vieillissants et un calendrier étalé sur plusieurs décennies.
CCR, Argos, Mistral, ERTMS : quatre termes qui traduisent l’actuelle métamorphose du réseau ferroviaire vers la digitalisation de la signalisation dans toutes ses composantes.
Ce projet de grande ambition se déroule à bas bruit sans inauguration fastueuse. Mais c’est le fondement de la performance du réseau de demain. Digitaliser, c’est davantage de trains, acheminés avec une meilleure régularité, à infrastructure constante. C’est aussi un volet indispensable des projets SERM (Services express régionaux métropolitains). En bref, digitaliser, c’est moderniser l’exploitation et la maintenance du réseau.
Deux blocs composent cette évolution, à savoir la commande centralisée du réseau (CCR) et l’European Rail Traffic Management System (ERTMS).
Le projet de CCR est présenté en 2010 par RFF (Réseau ferré de France) puis repris par SNCF Réseau. À terme, on évoque 17 CCR qui ont pour objectif de moderniser 1 500 postes d’aiguillages gérant le réseau structurant. Il y en a environ 2 200 sur l’ensemble du territoire avec les postes affectés aux voies de service et à certaines lignes de desserte fine du territoire.
Les actes visibles démarrent par la construction de nouveaux bâtiments devant abriter les futures CCR. Les premiers travaux débutent en 2010.
L’intérêt de la CCR par rapport aux installations existantes se situe dans deux dimensions. À l’horizontal par une augmentation significative du rayon d’action donnant aux opérateurs une visibilité sur une zone plus grande,







